L’Église
Catholique
À Paris

« Paris Toussaint 2004 a été comme un tremplin ! »

Synthèse des interventions de Mgr Vingt-Trois le samedi 11 juin 2005.

En ouverture de matinée :

Prenons une image dans la perspective des Jeux olympiques : Paris Toussaint 2004 a été comme un tremplin ! Cet événement a permis de roder des initiatives, des démarches. Il y avait des manifestations communes, publiques, médiatisées, et puis des « épreuves » par équipe, dans les paroisses et les différents groupes. Maintenant, il ne s’agit pas de « rejouer » des Jeux... Paris Toussaint 2004 a été un événement détonateur ; il a aidé les catholiques de Paris à prendre mieux conscience de la dimension apostolique et missionnaire de leur vocation chrétienne. Aujourd’hui, la question est la suivante : à partir de ce qui a été vécu, des prises de conscience opérées, qu’est-ce qui a ou peut changer dans notre manière de vivre en chrétien et de témoigner de l’Évangile ?

Sans « repasser les plats », il y a cependant des propositions à inscrire dans la durée :

  • Des points de repères significatifs, comme Holywins ou les Livres de Vie, peuvent devenir une référence habituelle ;
  • La poursuite de la réflexion sur l’évangélisation, pour enraciner ce qui a été mis en route ;
  • La valorisation des fêtes liturgiques, pour aider les chrétiens à prendre conscience des occasions données par le calendrier liturgique.

En conclusion de matinée :

En écoutant vos témoignages, deux récits se superposaient dans mon esprit : la résurrection de Lazare (Jean11) et le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres. Je voyais le tombeau de Lazare avec la pierre roulée et Jésus dire : « Lazare, sors ! ». Je voyais les Apôtres réunis, enfermés dans une salle par peur des juifs, qui reçoivent l’Esprit Saint, ouvrent les portes et sortent à la rencontre de la foule supposée hostile. C’est ce que nous sommes en train de vivre ! Nous sommes invités à sortir pour aller vers des hommes et des femmes qui nous entourent. Invités à sortir d’abord de nous-mêmes, de notre propre isolement, de nos petites histoires personnelles, pour nous intéresser à ce qui se passe autour de nous.

Pour un certain nombre, Paris Toussaint 2004 a été l’occasion de découvrir qu’il existe une Église en chair et en os, avec des hommes et des femmes. « Tente de la rencontre », portes ouvertes, tracts dans la rue, invitation à écrire une intention sur le livre de vie, à mettre un cierge, à une « petite prière »… L’Église est un corps, une réalité qui vit. A chacun de nous de prendre sa place dans la « circulation sanguine » de ce corps.

Mais nous sommes souvent confrontés à une tentation : l’exaltation de la communion et du partage entre nous, à l’abri de nos murs comme l’étaient les Apôtres, à l’abri de la foule « hostile ». Nombre de chrétiens en effet se perçoivent comme menacés et ont ce réflexe de la chambre haute. Le sentiment de communion peut être fort mais ne pas déboucher hors de la communauté. Des paroisses et d’autres communautés ont mieux pris conscience qu’elles font corps avec une église diocésaine. La paroisse n’est pas toute l’Église, elle est une réalisation locale et particulière de la communauté ecclésiale. Et le diocèse de Paris n’est pas toute l’Église. Donc nous sommes invités à sortir de notre particularisme personnel, du particularisme de nos communautés d’appartenance. Et il faut même faire un pas de plus : sortir du particularisme ecclésial.

Maintenant, quelques repères pour les mois qui viennent

Dans notre existence, les évènements, souvent imprévisibles, s’enchaînent et on ne voit pas facilement comment ils créent un chemin. Mais si Dieu vient à notre rencontre en Jésus-Christ, c’est pour nous retrouver, pour ouvrir devant nous un chemin.

  • Dans un premier temps, je souhaite donc que dans chaque paroisse et groupe, à l’occasion des « sessions » de fin d’année et de rentrée, on s’efforce d’identifier et évaluer ce qu’a « produit » Paris Toussaint 2004, ce qui a changé dans la manière d’être, de vivre et de faire.
  • Ensuite, entre la rentrée scolaire et la Toussaint, je vais rencontrer les curés, par petit groupe. Nous prendrons ainsi connaissance les uns les autres des analyses et des objectifs de chacun.
  • A la Toussaint, outre les démarches communes (cf. autre note), chacun prendra les initiatives qu’il veut, dans l’esprit de ce que je vous ai dit au début.

Dans la perspective du « congrès » de Lisbonne et compte tenu de la forte présence des Portugais sur Paris, nous manifesterons publiquement ces relations devenues ordinaires et habituelles dans de nombreuses communautés paroissiales.

  • Ensuite, le congrès de Lisbonne (du 5 au 13 novembre) : il importe que des Parisiens de toutes nos paroisses profitent de cette chance de découvrir d’autres visages de la mission et de l’évangélisation, pour nourrir notre propre vie.
  • Enfin, je fixe au samedi 3 décembre un nouveau rendez-vous diocésain. Compte tenu de ce qui aura été relevé, je m’efforcerai de proposer une perspective pour la « mission à Paris » pour les années qui viennent ; des orientations pour que nos communautés vivent en état de mission.

Dans la lettre que je viens d’adresser aux prêtres, j’annonce des aménagements dans les responsabilités diocésaines. Je nomme huit vicaires épiscopaux à qui je confie des missions dans des secteurs d’activité pastorale. Les vicaires généraux auront ainsi plus de temps pour les visites pastorales des paroisses de leur doyenné. A partir de décembre prochain, ces visites permettrent notamment d’approfondir localement les modalités concrètes de l’animation missionnaire de chaque communauté à Paris.

Pour conclure…

En ville, nous n’avons pas besoin de chercher les occasions de rencontre. La question est : « comment allons-nous répondre à l’attente de ceux que nous côtoyons ? ».

Pour méditer sur ce que j’appelle les « rencontres de la vie », je vous propose une dernière image : celle de la Samaritaine de l’Évangile. Jésus, fatigué, s’arrête au bord d’un puit. Le « fait de vie » est que la Samaritaine vient puiser de l’eau. C’est une rencontre fortuite. Elle n’est pas venue à cette heure-là parce qu’elle savait que Jésus serait là ; Jésus ne s’est pas arrêté là parce qu’il voulait parler à la Samaritaine. Ce sont les circonstances de notre vie urbaine : on rencontre telle personne, par hasard. Pourquoi là ? Pourquoi elle ? Ces rencontres de la vie peuvent être un moment d’évangélisation pour peu que l’on accepte de sortir de soi-même et que l’on soit attentif à l’autre ; que l’on ouvre la possibilité d’une parole, entendue, échangée, reçue, partagée. Une parole qui permettra d’en arriver à ce que les gens du village de la Samaritaine diront : « Maintenant nous croyons, non pas parce que tu nous l’a dit, mais parce que nous l’avons rencontré ».

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