L’Église
Catholique
À Paris

Le jubilé s’arrête, la miséricorde continue !

Les portes de la miséricorde se sont fermées le 12 novembre à Paris. Toutefois, en ces temps de tensions, la messe de clôture de l’année sainte ouvre la voie à un témoignage renouvelé de l’amour.

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Durant la messe, plusieurs dizaines d’adultes ont été confirmés.
© Alexia Vidot

La coïncidence des dates, Claire n’y croit pas. Emmitouflée jusqu’aux yeux – humides –, la jeune femme se réchauffe à cette pensée : Dieu a permis que la clôture du Jubilé de la miséricorde à Notre-Dame de Paris (4e), précède de quelques heures la journée de prière pour les victimes des attentats du 13 novembre. « Le message est clair : la miséricorde divine est l’ultime planche de salut que Jésus donne à l’humanité », souffle-telle citant sainte Faustine, avant de s’engouffrer dans la cathédrale déjà bondée. Feuille de chants en mains, Claire ne cache pas son émotion : « Des adultes vont être confirmés… Avec eux, nous allons recevoir la force de l’Esprit Saint pour continuer à annoncer cet amour plus fort que la mort. »

L’année sainte, ouverte le 8 décembre 2015, s’achève donc le 12 novembre dans les diocèses, une semaine avant que le pape François ne la clôture à Rome, en la solennité du Christ-Roi. Les fidèles sont invités à faire leur examen de conscience. Ont-ils saisis ce temps favorable pour être « miséricordieux comme le Père », selon le souhait du Saint- Père ? Les mains agrippées à son écharpe blanche de confirmand, Clément, dessinateur d’animations de 29 ans, s’est préparé en creusant ce mystère de la toute-puissance de Dieu qui patiente et prend pitié. « On peut s’éloigner de lui, mais Dieu est là, toujours. Il ne nous laisse jamais seul, nous relève et nous fait avancer en nous donnant son Esprit », confie-t-il. Pour le P. Édouard Senghor, vicaire de St-Jean-Baptiste de Grenelle (15e), l’année jubilaire a « clairement suscité une ardeur plus grande pour ouvrir son cœur à la misère des autres ». En redécouvrant, par exemple, les œuvres de miséricorde. « Notre- Dame, Mère de miséricorde, a attiré nombre de pèlerins. Des jeunes, des moins jeunes, seuls, en groupes ou en paroisses… Ils ont retrouvé la beauté du sacrement de réconciliation. Je vois beaucoup de grâces et je rends grâce », se réjouit Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale.

L’année jubilaire, un tremplin

« Mais attention ! Si le jubilé s’arrête, la miséricorde continue », sourit le P. Senghor qui voit l’année jubilaire comme un « magnifique tremplin ». Alors certes, les portes saintes se ferment, les « missionnaires de la miséricorde » sont relevés de leurs fonctions et certains évènements exceptionnels n’auront plus court. « Cependant, les prêtres seront toujours là pour confesser, les portes des églises, ouvertes, et Notre- Dame, prête à consoler ! », abonde Mgr Chauvet. « Je compte bien continuer dans ma lancée, recevoir et annoncer plus que jamais la tendresse de Dieu car les temps sont rudes », confie Madeleine, la soixantaine.

« On se dressera nation contre nation », « des phénomènes effrayants surviendront », « on vous persécutera »… Pour le cardinal André Vingt-Trois, l’évangile de ce dimanche (Lc 21, 5-19), ne peut plus être reçu comme « un conte pour enfants ». Il s’agit de notre réel qui ne doit pas nous terrifier, mais nous acculer à croire que le Père des miséricordes n’abandonne pas les siens, à être « témoins de la miséricorde de Dieu au milieu du malheurs des hommes ». Le cardinal a achevé son homélie (cf. p. 17) avec une note eschatologique, grave mais pleine d’espérance : « Ce soir, il faut entendre la prophétie du Christ qui s’adresse à nous : “C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie” ». • Alexia Vidot

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